Nouveau regard sur le Château de Rambouillet, un monument à l’ambition retrouvé

Le patrimoine retrouve des couleurs… et du lustre

Résidence royale, impériale puis présidentielle aux confins de l’Île-de-France, le château de Rambouillet à longtemps été délaissé par les instances chargées de valoriser ce monument national. Les choses sont apparemment en train de bouger. Les amateurs d’art et de patrimoine le doivent au programme de valorisation ambitieux des espaces de ce rendez-vous des chasses présidentielles où les conférences internationales sont légion. Trois réalisations d’importance confirment cette orientation salutaire. À savoir, l’appartement de l’Empereur restauré et remeublé, à hauteur de 2,5 millions d’euros. Plus l’exposition « Rambouillet 1950, dans l’intimité du président« , en collaboration avec le Mobilier national. Sans oublier l’implantation d’un nouvel espace de médiation à la Laiterie de la Reine.

Un monument subtilement revisité

Le Centre des monuments nationaux s’est en effet donné les moyens de provoquer le retour enthousiaste des visiteurs. L’édifice du 14e siècle, serti dans un parc de 150 hectares des Yvelines, semble enfin prêt à les éblouir. La restauration de l’appartement de Napoléon Ier fut un chantier d’envergure. Situé au premier étage, il donne sur la cour d’honneur. Et son enfilade de trois pièces offre le spectacle d’une salle de bains qui a conservé son décor peint à l’antique, en 1806. Ce remarquable décor néoclassique retrouve ainsi toute sa splendeur du Premier Empire, grâce à la restauration des boiseries. Planchers consolidés, éclairages repensés, restitution des tentures à l’identique, dispositifs de médiation intégrés, le lieu a belle allure.

Un décor impérial unique

Les partenaires, mécènes et sponsors ont accompagné Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques. Et qui a pu remeubler l’espace grâce à des acquisitions et de nombreux dépôts du Mobilier National. Jusqu’en 2018, la résidence officielle des chefs d’état connu une période faste sous le mandat de Vincent Auriol (1947-1954). Celui-ci souhaita faire de Rambouillet une vitrine des savoir-faire français en matière d’arts décoratifs à des fins diplomatiques. Sous ses auspices, les aménagements furent alors confiés aux plus grands créateurs de l’époque afin de doter le château du confort moderne.

Une exposition à la gloire de la fonction présidentielle, sous la IVe République

monument auriol

monument chambre

Sur place, cinq pièces furent reconstituées, dont quatre chambres par les ensembliers Jean Pascaud, Genès Babut, Suzanne Guiguichon. Quant à la salle des Marbres, surnommée « Salon Médicis », elle a retrouvé l’ambiance signée Raymond Subes et André Arbus. De plus, l’ameublement du « studio » de l’appartement du chef d’état étranger, composé d’un salon et d’un bureau, a également été complété. Un travail visible dans l’exposition temporaire « Rambouillet 1950, dans l’intimité du Président » où les anecdotes ne manqueront pas d’intéresser le public lors d’une immersion éphémère dans un univers d’une grande élégance.

Des collections jamais vues par le public

monument laiterie

De plus, un nouvel espace de médiation voit le jour à la Laiterie de Marie-Antoinette. Il est installé dans l’un des pavillons d’entrée, celui du Roi. Avec pour objectif d’offrir aux visiteurs les clés de lecture de deux grands chefs-d’œuvre du domaine : la Laiterie de la Reine, ainsi que le Jardin anglais et la Chaumière aux coquillages. On y propose une approche multisensorielle originale, complète et confortable en accès libre. À vous les objets tactiles, reproductions de décors et bornes numériques aux riches contenus ! Poursuivez ensuite la balade jusqu’au Salon du Roi pour admirer ses trompe-l’œil étonnants. Le mobilier de la Chaumière aux Coquillages y est également exposé. Sous la neige d’hiver comme en été, Rambouillet est un ravissement à visiter au plus vite. chateau-rambouillet.fr

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