
Léon Wuidar : six décennies de recherche picturale à la galerie White Cube
White Cube consacre pour la première fois une exposition personnelle à l’artiste Léon Wuidar. Un rendez-vous attendu, presque manifeste, tant cette reconnaissance parisienne vient sceller plus de six décennies d’une recherche picturale menée avec une rigueur silencieuse et une élégance rare. À 87 ans, Léon Wuidar, figure singulière de l’abstraction, révèle enfin son œuvre au public parisien.
Léon Wuidar : un peintre autodidacte

Né à Liège, en 1938, Léon Wuidar grandit dans une Europe marquée par la reconstruction d’après-guerre. Très tôt fasciné par la peinture, il découvre d’abord les maîtres anciens. Puis tombe en admiration devant les œuvres de Ben Nicholson, pionnier de l’abstraction. Il débute sa carrière en tant que professeur de dessin en 1959, puis enseigne les arts graphiques à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Et c’est à partir de soixante ans qu’il se consacre pleinement à sa pratique artistique.
Léon Wuidar, de 1960 à nos jours


Les oeuvres des années 1960 témoignent d’une période d’exploration, entre figuration et abstraction. Ses premières toiles, comme La naissance de Vénus (1966) ou Dentier (1965), sont nourries de souvenirs d’enfance et d’imaginaires surréalistes. Des tonalités sourdes, des gris, ocres et roses pâles, installent une atmosphère calme, presque suspendue. Les années 1970 reflètent un processus intérieur mêlant mémoire, observation et rigueur.
Une simplicité et une extrême subtilité

Bordures, seuils et cadres intérieurs font partie intégrante du vocabulaire de l’artiste. Des procédés subtils créent des espaces s’ouvrant vers l’intérieur plutôt que l’extérieur. Ses compositions évoquent une architecture psychologique, comme des refuges pour la réflexion. « Mes peintures sont comme un intérieur, elles rayonnent d’un sentiment d’intimité », déclare Wuidar.
L’abstraction au fil des décennies

Sur six décennies, Léon Wuidar a fait de l’abstraction un langage de l’expérience. Si l’usage de la géométrie demeure dans son travail, la couleur autrefois feutrée se fait plus lumineuse. Aujourd’hui, il continue à jouer avec les formes et les couleurs. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections, publiques et internationales, notamment au Centre Pompidou qui en a acquis trois. Un univers à découvrir, jusqu’au 21 février 2026. whitecube.com


